SUR LE SUJET DU FEC...
Ces questions - réponses ont pour objectif de répondre de façon synthétique aux interrogations les plus fréquentes. Toutefois, pour des informations plus détaillées, vous pourrez vous référer aux publications spécialisées citées au point n°15.
FAQ
1 - Qu'est-ce que le Fichier des Ăcritures Comptables (FEC)
Le FEC est un fichier unique comprenant en principe toutes les écritures comptables, d'un exercice et détaillant les écritures détaillées des opérations jour par jour. Le FEC doit contenir les seules écritures détaillées dans les journaux auxiliaires, qui remplacent si nécessaire les écritures de centralisation.
2 - Sous quel format le FEC doit ĂȘtre constituĂ© ?
Le FEC est soit un fichier à plat, selon les critÚres définis au VI de l'article A.47 A-1 du LPF, soit un fichier structuré, codé en XML, respectant la structure du fichier XSD dont les spécifications sont consultables sur internet sur le site public impots.gouv.fr, à la rubrique « Professionnels ».
Le codage des informations doit ĂȘtre conforme aux spĂ©cifications prĂ©vues au XII de l'article A. 47 A-1 du LPF. En pratique, les caractĂšres utilisĂ©s doivent appartenir Ă l'un des jeux de caractĂšres ASCII, norme ISO 8859-15 ou EBCDIC.
3 - Qu'est-ce que le descriptif du FEC ?
DĂšs que le FEC comporte des spĂ©cificitĂ©s, l'entreprise doit fournir un descriptif dĂ©taillĂ© (LPF A. 47 A-1, XI). Ce descriptif peut ĂȘtre remis sur support papier ou de façon dĂ©matĂ©rialisĂ©e (traitement de textes, tableur, PDF) ou papier.
4 - Ă qui et comment remettre les FEC ?
La remise ou l'absence de remise de la copie des fichiers ainsi que la remise de copies de fichiers non conformes aux normes prévues à l'article A 47 A-1 du LPF sont formalisées par écrit sur un document remis en main propre par le vérificateur au contribuable et contresigné par ce dernier. L'accusé de réception s'effectue sur place.
5 - Sur quel support remettre les FEC ?
La copie des fichiers est remise selon les modalités définies en accord avec le vérificateur, avant la premiÚre intervention sur place ou lors de celle-ci. Tous les supports sont envisageables, qu'ils soient physiques ou électroniques (CD, DVD, clef USB, disque dur externe, serveur sécurisé de la DGFIP, etc.) En outre, la DGFIP a mis en ligne un portail dédié, ESCALE, sur lequel le contribuable peut déposer le FEC.
6 - Quand remettre les FEC ?
Les copies des fichiers des Ă©critures comptables doivent ĂȘtre remises Ă l'Administration au dĂ©but des opĂ©rations de contrĂŽle, c'est-Ă -dire lors de la premiĂšre intervention sur place.
7 - Quels sont les exercices comptables concernés ?
En cas de contrĂŽle, un FEC doit ĂȘtre fourni pour chacun des trois derniers exercices. Lorsque des dĂ©ficits reportables nĂ©s lors d'exercices prescrits, ont Ă©tĂ© utilisĂ©s durant les exercices objets de l'avis de vĂ©rification, un FEC doit aussi ĂȘtre produit au titre de ces exercices antĂ©rieurs aux trois derniers exercices.
8 - Qui doit présenter un FEC au vérificateur ?
a. Selon le Code Général des ImpÎts, sont concernés tous les contribuables :
Devant tenir une comptabilitĂ© et prĂ©senter des documents comptables, quels que soient leurs activitĂ©s ou leurs rĂ©gimes dâimposition ;
DĂšs lors quâils tiennent leur comptabilitĂ© « au moyen de systĂšmes informatisĂ©s ».
b. Sont ainsi concernés :
Les contribuables imposés à l'IS et à l'IR dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) ;
Les entreprises relevant des bĂ©nĂ©fices agricoles (BA), quâelles soient soumises au rĂ©el normal ou simplifiĂ© ;
Les bénéfices non commerciaux (BNC), soumis au régime de la déclaration contrÎlée ou micro, que la comptabilité soit tenue selon les rÚgles du code de commerce ou de trésorerie.
c. Aucun critĂšre direct de taille nâintervenant, les TPE sont tenues Ă la mĂȘme obligation que les grandes entreprises.
d. Sont donc exclus :
Les contribuables tenant une comptabilité manuelle (pas de tenue informatisée) ;
Les entreprises agricoles au rĂ©gime du forfait (pas dâobligation lĂ©gale de tenue de comptabilitĂ©).
e. Cas particuliers :
Selon la DGFIP, toutes les Sociétés Civiles ImmobiliÚres sont tenues de présenter le FEC. Toutefois, par mesure de tolérance, les SCI soumises exclusivement aux revenus fonciers et qui ne comportent que des associés personnes physiques sont dispensées de présenter un FEC.
La succursale française dâune entreprise Ă©trangĂšre est tenue de remettre un FEC en cas de contrĂŽle. Ce fichier comporte quelques adaptations car ces entitĂ©s ne sont pas tenues de respecter rĂšgles de tenue de comptabilitĂ© du Code de commerce.
Organismes Ă but non lucratif :
Les associations et autres organismes Ă but non lucratif sont assujettis Ă lâobligation de prĂ©senter un FEC dĂšs lors quâelles exercent de plus une activitĂ© commerciale ou lucrative ; elles sont de ce fait soumises Ă ce titre aux impĂŽts commerciaux ;
et quâelles sont soumises Ă des obligations de tenue de comptabilitĂ© (ces obligations sont fixĂ©es par le rĂšglement CRC 99-01) ;
quâelles tiennent ou font tenir leur comptabilitĂ© sur informatique.
9 - Qu'est ce un FEC non conforme ?
Pour lâadministration, la non-conformitĂ© sâapprĂ©cie par rapport aux dispositions de lâarticle Article A47 A-1 du LPF, qui spĂ©cifie le codage, la structure, lâorganisation et les informations devant figurer dans les FEC.
10 - Quelles sanctions encourt le contribuable qui ne peut présenter un FEC conforme au vérificateur ?
Lâarticle 1729 D du Code GĂ©nĂ©ral des ImpĂŽts sanctionne le dĂ©faut de prĂ©sentation du FEC ou de fichier par une amende de 5 000 âŹ. Selon lâAdministration cette amende est applicable pour chaque FEC absent ou non conforme, soit au plus 4 exercices (trois exercices clos plus Ă©ventuellement lâexercice en cours). Ce montant de 5 000 ⏠par exercice constitue un minimum, puisquâen cas de rectification d'un montant plus Ă©levĂ©, la sanction consiste en une majoration de 10 % des droits mis Ă la charge du contribuable.
11 - Comment un FEC peut-il présenter des informations incohérentes ?
Un FEC peut prĂ©senter un format, une structure, une organisation et les informations requises par lâadministration. Toutefois, lâanalyse de ces informations peut rĂ©vĂ©ler des incohĂ©rences entre elles (par exemple des dates contradictoires ou hors exercice) ou encore avec la liasse fiscale de lâexercice concernĂ© qui a Ă©tĂ© tĂ©lĂ©dĂ©clarĂ©e.
12 - Quel risque encourt le contribuable à présenter un FEC comportant des incohérences ?
En cas de graves incohĂ©rences, le vĂ©rificateur peut considĂ©rer la comptabilitĂ© comme non probante, pour une partie ou la totalitĂ© des Ă©critures. Il peut alors notifier des redressements, en rejetant la dĂ©duction de certaines charges considĂ©rĂ©es comme non comptabilisĂ©es. Il peut aussi rejeter toute la comptabilitĂ©. En ce cas, les bases d'imposition sont Ă©valuĂ©es d'office. La mise en Ćuvre de cette Ă©valuation d'office entraĂźne l'application de la majoration de 100 % des droits rappelĂ©s. Or, en cas dâĂ©valuation dâoffice, la charge de la preuve est inversĂ©e et incombe au contribuable, qui ne peut sâappuyer sur la comptabilitĂ© comme moyen de preuve, celle-ci ayant Ă©tĂ© rejetĂ©e. De plus, selon lâarticle L 74 du Livre des ProcĂ©dures Fiscales, alinĂ©a 2, lâabsence de remise du FEC peut caractĂ©riser une opposition Ă contrĂŽle fiscal.
13 - Quelles analyses effectue le vérificateur avec le FEC ?
Les vĂ©rificateurs disposent dâun logiciel dâanalyse des FEC, nommĂ© ALTO2. Ce logiciel permet dâeffectuer sur les FEC des opĂ©rations simples, Ă savoir des tris, classements ainsi que tous calculs (somme, multiplication, etc.) qui lui permettent de s'assurer de la concordance des documents comptables avec les dĂ©clarations fiscales dĂ©posĂ©es par le contribuable (LPF, art. L 47 A, I) ». En pratique, ALTO2 effectue des contrĂŽles de conformitĂ© et de cohĂ©rence relativement poussĂ©s, aussi bien au plan comptable que fiscal.
ALTO2 permet :
de reconstituer une liasse fiscale théorique à partir du FEC ;
dâimporter, Ă partir du traitement ADĂLIE, les liasses fiscales tĂ©lĂ©dĂ©clarĂ©es par le contribuable ;
de comparer, poste Ă poste, les deux liasses. Ces traitements informatisĂ©s reprennent la dĂ©marche du contrĂŽle fiscal « classique » Le contrĂŽle de qui consiste notamment Ă rapprocher la balance de clĂŽture et la liasse fiscale. A la diffĂ©rence, que dĂ©sormais ce rapprochement se fait partir du dĂ©tail des Ă©critures comptables de lâexercice.
14 - Combien de temps conserver les FEC et les descriptifs associés ?
Fiscalement, ces informations doivent ĂȘtre conservĂ©es au moins 3 ans sur support informatique et 3 ans supplĂ©mentaires sur format papier ou informatique, soit 6 ans au total.
Cette durĂ©e peut ĂȘtre prorogĂ©e en cas de dĂ©ficit reportable utilisĂ© lors dâexercices non prescrits. La durĂ©e dâarchivage peut ainsi sâĂ©tendre jusquâĂ 10 ans.
15 - OĂč trouver des informations sur le FEC ?
Textes de loi, dĂ©crets et arrĂȘtĂ©s ministĂ©riels
Livre des Procédures Fiscales : articles L 13, L 102 B, L 47 A, A 47 A1
Code Général des ImpÎts : article 54 et 1729 D
Bulletin Officiel des Finances Publiques (BOFIP - https://bofip.impots.gouv.fr ) :
procédures de rectification et d'imposition d'office (ContrÎle des comptabilités informatisées - BOI-CF-IOR-60-40) ;
présentation de la comptabilité par la remise d'une copie des fichiers des écritures comptables (BOI-CFIOR-60-40-10) ;
format obligatoire des fichiers des écritures comptables (BOI-CF-IOR-60-40-20) ;
mise en Ćuvre de traitements informatiques (BOI-CF-IOR-60-40-30).
valeur probante des comptabilités (BOI-BIC-DECLA-30-10-20-50)
Ouvrages, dossiers et articles :
Le fichier des Ă©critures comptables et l'archivage des comptabilitĂ©s informatisĂ©es », Guide pratique, Edition 2015, Conseil SupĂ©rieur de LâOrdre des Experts-comptables
Revue Fiduciaire, Feuillet Hebdo n°3596, « Retour avec plus d'un an de recul sur l'obligation liée au FEC » pages 61 à 65, mai 2015.
Revue Fiduciaire Comptable n°426, « Dossier du mois : Le Fichier des Ăcritures Comptables : oĂč en est-on ? », avril 2015, pages 27-55.
SIC, Le magazine de l'Ordre des Experts-Comptables n°336, janvier 2015, « Le fichier des écritures comptables : retour sur cette mesure, un an aprÚs », pages 42 à 43.
Revue Française de Comptabilité n°479, « Dossier spécial : Le fichier des écritures comptables », septembre 2014, pages 22 à 37.


